Il existe des déjeuners plus conviviaux que d’autres. Partager la compagnie de passionnés, dans un endroit où l’on est bien reçu, assure irrémédiablement un souvenir heureux pendant plusieurs jours.

Oui, mais quand il s’agit de se remémorer la table avec discernement, sans tous ces ingrédients “annexes” qui apportent le succès à cette expérience, c’est là que peu de restaurants peuvent se targuer d’avoir un intérêt aussi poussé que celui dont je vais vous parler ici.

Je vais vous avouer une chose : je n’ai pris que peu de notes, me laissant porter par la magie de l’instant que j’ai voulu vivre pleinement, et comprenant très vite que les photos se suffiraient à elles-mêmes !

Ca démarre donc par quelques amuses-bouche à “picorer”, tel qu’il est précisé sur la carte, et ces premières impressions donnent le ton : la diversité et la création seront au rendez-vous tout au long du repas.

Chips d’olive noir, yaourt. Délicat et frais à la fois.

Akrame-foodinparis

Comme un “oréo” parmesan sardine. Amusant et fondant. J’en aurais bien pris un deuxième.

Akrame-food-in-paris

Papier végétal, encre de seiche, anguille : encore des supers textures qui créent l’étonnement tout en ravissant les papiles.

Akrame-food-in-paris 1

Pour démarrer plus sérieusement, une entrée toute végétale et qui prépare le palais en le revigorant : un consommé de petits pois sur lequel le service vient déposer un sorbet à l’amande.

Akrame-foodinparis 1

La force des petits pois n’a pas été sans me rappeler un plat goûté cette année chez Guy Savoy. Contraste des températures et (heureuses) associations, caractérisent ce premier plat réussi.

Grand moment ensuite avec une interaction comme je les aime. D’abord les assiettes arrivent partiellement dressées, avec des moules et des cerises (encore une association inédite).

Akrame-Foodinparis 3

Puis le chef himself arrive et nous présente un mini barbecue sur lesquels les homards sont encore fumants !

Akrame-foodinparis 2

En terme de teasing, on assiste là à un super numéro. Tous à la table à ce moment là ne pensent qu’à une chose : qu’il dépose vite son homard qu’on puisse goûter à la tendre chair de ce qui nous chatouille agréablement les narines.

Enfin il dresse lui même le homard sur l’assiette .Akrame-food-in-paris 3

Equilibre, finesse, grosse maîtrise de la cuisson : ouah, un plat de haute voltige !

Vient ensuite le moment du Saint-Pierre où l’on nous apporte encore une fois l’accessoire de cuisson, pour nous expliquer comment le poisson a gagné ses arômes.

Akrame-foodinparis 4Je vous épargne le coup de l’assiette à moitié dressée cette fois et vous soumet directement le résultat avec la sauce à la chartreuse.akrame-food-in-paris 4Encore une fois ça croque et ça fond grâce à de superbes cuissons, et on est dans ce que j’appellerais la délicatesse gourmande et novatrice ! Finalement ici c’est peut être la séquence la plus “classique”, mais je n’y vois rien à redire avec cette exécution qui l’est moins.

J’ai ensuite choisi le pigeon, cuit dans… du gruau de chocolat !akrame-foodinparis 5

L’odeur fumée qui s’en dégageait n’a rendu personne insensible, et là encore, cette interactivité qu’a été la présentation sous nos yeux a été appréciée par tous.Akrame-foodinparis 6

L’assiette qui a en résulté a été mise en valeur par un jus à la hauteur de cette viande.

A ma table, des inconditionnels de ris de veau n’ont pas été en reste avec ce plat agrémenté de coques, citron et choux fleur.Akrame-food-in-paris 5

Avant de pouvoir continuer sur les séquences sucrées, un granité de mojito arrive servi dans son contenant de glace.

akrame-food-in-paris 6

Première “gourmandise”, comme le précise la carte, avec cette raviole de citron/ amande (servie tiède) et glace à la bière.Akrame-food-in-paris 7

Vous ne serez encore pas étonnés de lire que ce mariage pour le moins original fonctionne à merveille.

Arrive ensuite un lait fumé, crémeux à la vanille. Akrame-foodinparis 7

Servi avec un peu de sarrasin grillé, d’ananas et de caramel, voila qui a ravi nos palais sucrés.

Enfin pour terminer, le mythique “black tube” signature d’Akrame, ou un dessert carrément étonnant de légèreté et de force à la fois.Akrame-foodinparis 9

Un moment ludique dans un cadre chic et sobre, intimiste (très peu de tables), et mis en valeur par un service décontracté.

Le chef Akrame Benallal joue ici une partition créative et osée, révélatrice de sa personnalité forte et sans jamais s’égarer. Il nous montre avec quelle facilité il incarne la génération des futurs grands chefs, au même rang que les Gagnaire ou Adria par qui il a été notamment formé.

Alors avec tout ça vous n’avez pas encore attrapé votre téléphone pour réserver ?

Menus à 60 euros (déjeuner uniquement), 100 et 130 euros au diner.

Akrame
19, rue Lauriston
75016 Paris
+33 1 40 67 11 16

http://www.akrame.com

A propos de l'auteur

Parisien, la trentaine, passionné de cuisine, de cigares, de jazz, et de voyages. Je me nourris un peu de tout ça chaque jour. Je partage ici les adresses qui m’ont séduites, pensant qu'il serait dommage de s'alimenter trois fois par jour par nécessité uniquement.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ne ratez rien, abonnez-vous à la newsletter :

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez nos derniers articles : revues de belles tables, interviews de chefs, reportages en cuisine, top de la rédaction, tout y passe !